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Les marae

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Les Marae

MaraeLes marae étaient des monuments sacrés, sorte de grandes terrasses et où se déroulaient de nombreuses cérémonies religieuses et sociales. Certains rites étaient très précis comme le raumatavehira'a dont l'objet était de se purifier des souillures infligées par l'ennemi lors d'une guerre, le mãui fata pour la construction d'un autel ou le maoara'a matahiti qui unissait la communauté toute entière autour d'un banquet chaque fin d'année.

Le ahu, autel sacré

Marae Si les marae différaient selon les archipels, on retrouvait toutefois systématiquement deux éléments : la cour rectangulaire et le ahu , sorte de monticule de terre ou de pierres situé à une extrémité de l'espace et tenant lieu d'autel. Le ahu représentait la partie la plus sacrée du marae , celle dédiée aux dieux et aux ancêtres. Un pavage de pierres basaltiques et de corail recouvrait une partie de la cour (celle où se trouvait le ahu ) ou sa totalité. Face à le ahu étaient dressées des pierres qui faisaient office de reposoir pour les dieux ou de dossiers pour maîtres de cérémonies. Les unu , stèles ou totems de bois parés d'images anthropomorphiques et zoomorphiques représentaient les familles affiliées aux dieux du marae . Ils se trouvaient derrière le ahu , fichés dans le mur de faible hauteur qui délimitait quelquefois le périmètre des marae comme par exemple ceux des îles du Vent.
Les marae comportaient des petites caches (cistes) en pierre ou en corail contenant des ossements humains qui appartenaient vraisemblablement à des défunts vénérés puis déifiés après leur mort.
Des tables d'offrandes, le fata rau (de grande taille) et le fata a'ia'i (de plus petite dimension) permettaient de présenter aux dieux des animaux et des fruits. Le périmètre du marae comportait également des constructions comme le fare ia manaha (" maisons des trésors sacrés "), le fare ti'i , une maison sur pilotis avec les images des dieux des ancêtres déifiés, le fare tupapa'u , une construction provisoire qui accueillait le corps d'un défunt ou quelquefois les maisons des officiants qui entretenaient les grands marae . Le fare tahu'a (maison du prêtre ) se trouvait en dehors de la cour du marae .
Sur les marae se trouvaient aussi des arbres considérés comme sacrés tels le miro , le 'aito , emblème du dieu 'Oro , le tämanu , le pua utilisé pour la fabrication des tambours de marae et de ti'i .
Ces arbres abritaient des oiseaux comme le héron ou le martin-pêcheur qui étaient eux mêmes les messagers de dieux et qu'on nourrissait d'offrandes.

Hiérarchisation des marae

Marae On pense que les premiers marae , peu nombreux et de construction sommaire, servaient de lieu de réunion aux chefs de famille qui sollicitaient l'aide des ancêtres. La fonction sociale des marae prédominait alors. La dimension religieuse n'apparut que plus tard entre 300 et 400 notamment avec la naissance du culte du dieu 'Oro qui engendra de profondes évolutions politiques et religieuses dans l'ensemble des îles-sous-le-Vent.
S'il était un lieu de rencontre avec les ancêtres et les dieux dont les cérémonies pouvaient donner lieu à des sacrifices, il était également à l'image des sociétés anciennes c'est à dire très hiérarchisé. Il était symbolique de l'importance religieuse et politique de la chefferie qu'il représentait. Mais une hiérarchie permettait également de classer les marae eux même : il y avait le marae international de Taputapuatea à Raiatea, cœur religieux et culturel de toute la Polynésie , les marae "nationaux", associés à un ari'i dominant et les marae "locaux" des districts ou des vallées. Ces trois types de marae constituaient des marae dit " publics ". Mais il existait également des marae d'intérêt privé qui pouvaient être "familiaux", "sociaux" ou des marae de tahu'a (des spécialistes guérisseurs, artisans, constructeurs de pirogues ou pêcheurs...).
Le marae était évolutif et vivant, un agrandissement pouvait indiquer une évolution de la l'importance du chef qui le présidait par exemple lors de guerres et de conquêtes de nouvelles terres. Les vaincus voyaient fréquemment leur marae détruit.
La plupart des marae datés le sont de la fin du 15ème siècle à la fin du 18ème siècle à l'apogée du pouvoir des grandes chefferies; comme l'avaient constaté le capitaine Cook et les expéditions européennes de l'époque.

SOURCE:

textes écrits pour les panneaux informatifs à Huahine, réalisés par le Ministère de la Culture

Crédit des Illustrations :

Marae (3) : Cl. Collection Ch. Gleizal

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