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Histoire des hommes

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Histoire des Hommes

LE PEUPLEMENT

Afin de se prononcer sur l'origine du peuplement des îles du Pacifique, on dispose de quelques écrits, de la tradition orale et de l'archéologie. Par leur nature complémentaire ou contradictoire, ces différentes sources d'informations permettent d'émettre des hypothèses et des théories puis de les corroborer ou de les réfuter. Ce qui est acquis aujourd'hui peut être remis en cause demain. Il en est ainsi de l'origine énigmatique des peuples océaniens et polynésiens. Ainsi, même si ce champ de recherche a accumulé depuis quelques décennies des indices allant dans le sens de la théorie de la souche asiatique, il convient de demeurer prudent notamment en ce qui concerne les détails chronologiques de ces migrations.



LE PEUPLEMENT DU PACIFIQUE INSULAIRE
Deux théories erronées

histoire des hommes Trois théories se sont posées en solution du mystérieux peuplement des îles du Pacifique. On doit la première au naturaliste G. Forster qui accompagnait Cook lors de son troisième voyage sur le " Grand Océan " (1776-1778). Il émit l'idée que les populations océaniennes étaient indépendantes des autres. Elles étaient selon lui apparues sur un continent aujourd'hui englouti appelé Mu et dont les îles actuelles constituaient les sommets des montagnes. On sait aujourd'hui que ce continent n'a jamais existé. De plus, le polygénisme (c'est à dire l'apparition simultanée de l'homme en différents points du globe) a été rejeté par la communauté scientifique. La seconde intuition a été popularisée par l'explorateur et archéologue Th. Heyerdahl. Lors d'un voyage aux Marquises en 1937, il spécula sur une origine amérindienne. L'expédition qu'il organisa sur le radeau Kon Tiki et qui lui permit de rallier la Polynésie en partant des côtes péruviennes reste célèbre. Mais les arguments insuffisants sur lesquels il appuyait sa thèse conduisirent rapidement à l'abandon de cette piste. Toutefois, on n'exclut pas aujourd'hui que les Polynésiens atteignirent les côtes américaines. Mais elles ne constituèrent pas leur point de départ.

La "piste asiatique"

histoire des hommesLa théorie la plus communément acceptée milite en faveur d'une origine asiatique. Elle est corroborée par maintes indications : si on fait exception de la patate douce, l'ensemble des plantes vivrières cultivées par les anciens Polynésiens est issu de l'Asie du sud-est. Les animaux introduits par l'homme tels le chien, le porc, le poulet ou le rat proviennent également de cette partie du Pacifique. Enfin, l'étude des langues parlées en Océanie (environ 1 800) a montré qu'elles constituaient trois groupes indépendants ayant tous une origine asiatique : il s'agit des langues australiennes, papoues et austronésiennes. Actuellement, on pense que les premières migrations en provenance du sud-est asiatique auraient débuté il y a 40 000 ans pour coloniser la Nouvelle Guinée, l'Australie et la Tasmanie. Ces peuples de chasseurs et de cueilleurs parlaient des langues papoues. Beaucoup plus tard, vers 4000 avant J.C., ils furent rejoints par d'autres groupes de langues austronésiennes. Les contacts entre ces différentes peuplades donnèrent naissance au célèbre " complexe culturel lapita " qui se caractérise notamment par une tradition de la céramique finement décorée.

Vers 1500 avant notre ère, les ancêtres des Polynésiens, directement issus de cette tradition, se sont probablement établis en Mélanésie et en Polynésie occidentale constituées principalement d'îles hautes. A l'inverse, les atolls formant la plus grande partie de la Micronésie (îles Carolines, Mariannes, Marshall, Kiribati) étaient pour beaucoup submergés par des eaux qui s'élevaient environ trois mètres plus haut qu'aujourd'hui. La baisse des océans consécutive à des variations climatiques négatives ne se produirait que plusieurs centaines d'années plus tard c'est à dire il y a environ 3000 ans. Les recherches archéologiques effectuées en Micronésie ne permettent pas de conclure à des peuplements antérieurs au premier millénaire de notre ère. Concernant ces peuplements, l'hypothèse la plus plausible est qu'ils résulteraient de migrations d'est en ouest en provenance des Samoa. Ces populations auraient transité par les atolls des Tuvalu dont les ressources limitées furent rapidement épuisées ce qui entraîna un nouvel exode vers la Micronésie.

LE PEUPLEMENT DE LA POLYNESIE

histoire des hommesQuelques siècles avant notre ère, des Polynésiens originaires des Tonga ou des Samoa auraient repris la mer sur de grandes pirogues doubles en direction de l'est. Si l'hypothèse est faite que les archipels centraux (Cook, Société,Marquises, …) furent colonisés presque simultanément, c'est aux îles Marquises que l'on a retrouvé les vestiges les plus anciens attestant de la présence de l'homme. L'archéologue R.C. Suggs a ainsi daté l'arrivée des premiers individus à 150 ans avant notre ère. Cet archipel est toujours considéré comme le premier centre de dispersion des populations de la Polynésie orientale. Cependant, la chronologie des migrations postérieures reste incertaine. On peut simplement avancer que les archipels centraux constituent le point de départ de la colonisation des trois sommets du triangle polynésiens : les îles Hawaï vers 300 à 400 après notre ère, l'île de Pâques entre 400 et 500 et enfin la Nouvelle-Zélande au 8ème siècle.
Les îles de la Société et les Marquises furent donc le point de départ des migrations vers les autres archipels de la Polynésie française. Les Tuamotu, les Gambier et les Australes furent en effet colonisés plusieurs siècles après.

L'origine des habitants des Tuamotu est encore difficile à certifier car on suppose que de nombreux sites anciens ont disparu du fait de la sensibilité des atolls aux aléas climatiques forts comme les raz de marées. Toutefois, les études archéologiques pratiquées sur quelques monuments religieux préservés ainsi que le recueil des traditions orales permettent de situer les premiers peuplements dans les atolls de l'est vers le 12ème siècle après J.C. Concernant les Gambier, les datations réalisées au carbone 14 montrent que les hommes seraient arrivés vers 1200 après J.C. De nombreux indices, tels les dimensions des gradins des marae ou le parlé de certains dialectes attestent de contacts avec les îles Marquises. Enfin, l'archipel des Australes, le plus éloigné du berceau marquisien, aurait connu ses premiers peuplements entre le 9ème et le 10ème siècle.

Crédit des Illustrations :

Peuplement (2) : Collection Ch. Gleizal
Kon tiki : Cl. Sylvain
Poterie lapida : Musée de l'homme

LES DÉCOUVREURS

Il va de soi que les termes " découvreurs " ou " découvertes " ne sont pas appropriés pour qualifier l'arrivée des premiers Européens dans le Pacifique. Les Polynésiens avaient peuplé ces îles bien des siècles auparavant. Ce sont eux les vrais et seuls découvreurs …

Découverte progressive du Pacifique par les navigateurs européens

histoire des hommesC'est en 1513 que le conquistador Balboa contempla le " Grand océan " et lui donna le nom de Pacifique en raison de son calme apparent. Mais c'est le Portugais Magellan qui fut le premier marin européen à s'y aventurer et à le traverser. Il l'atteignit le 28 novembre 1520 plus d'un an après son départ de San Lucar en Andalousie. Après avoir traversé l'Atlantique, il emprunta le détroit qui sépare l'extrémité sud de l'Amérique de la Terre de Feu et auquel il donna son nom. A la sortie du bras de mer, les vents et les courants l'entraînèrent vers le nord avant qu'il ne puisse mettre le cap à l'ouest et s'il aperçut Puka Puka aux Tuamotu, ce sont les îles Mariannes qu'il rejoignit en mars 1521. Ce périple reste celui qui lança réellement l'ère des grandes expéditions maritimes qui allaient durant 4 siècles sillonner le Pacifique et découvrir les milliers d'îles que son immensité dissimulait alors aux yeux de la vieille Europe. Les premières incursions restèrent timides et ne donnèrent lieu à aucun débarquement ni contact.

En 1577, Francis Drake partit à la recherche de la " Terra Australis Incognita " et longea les côtes américaines jusqu'en Californie. Le 21 juillet 1595, l'Espagnol Alvaro Mendana de Neira repéra les îles Marquises. S'il ne s'y arrêta point, il leur laissa le nom qu'elles portent aujourd'hui en mémoire de Garcia Huartado de Mendoza, marquis de Canete, vice-roi du Pérou et protecteur de l'expédition…

histoire des hommesLe premier navigateur européen à avoir pénétré en Polynésie est le Portugais Pedro Fernandez de Quiros qui traversa les Tuamotu en 1606. Le Pacifique de la fin du 16ème et du début du 17ème siècle vit également naître la rivalité entre les grandes nations maritimes européennes. Les Espagnols furent ainsi rejoints par des Anglais mais également par des Hollandais qui, déjà implantés dans le sud-est asiatique, explorèrent la Mélanésie et les côtes australiennes. Mais la Polynésie demeura à l'écart des itinéraires de ces grands aventuriers et il en fut de même tout au long du 17ème siècle ainsi que lors de la première moitié du 18ème malgré un développement important des expéditions commerciales.
C'est essentiellement grâce aux progrès des techniques de navigation réalisés à partir de 1750 que l'on commença véritablement à découvrir la géographie du " continent liquide ".

Wallis et Bougainville : les premiers contacts

histoire des hommesA la suite de l'Anglais John Bryson, qui parcourut le Pacifique de 1764 à 1766,vint son compatriote Samuel Wallis. Il quitta Plymouth en août 1766 à bord du Dolphin pour débarquer à Tahiti le 17 juin 1767. Les populations locales s'opposèrent d'abord à son débarquement à Taravao. Au matin du 24 juin, 500 pirogues et 4000 guerriers encerclèrent le navire provoquant une brève bataille où les canons de Wallis causèrent de telles pertes chez les Polynésiens que la paix fut rapidement entérinée. Souffrant du scorbut, le navigateur anglais ne put nouer d'étroits contacts avec les Tahitiens même s'il se lia avec la reine Purea. En particulier, aucune exploration de l'île ne fut entreprise et le Dolphin reprit sa route vers l'ouest le 27 juillet 1767.

Dix mois après Wallis, le navigateur français Louis Antoine de Bougainville inaugura la première expédition revêtant un caractère scientifique. Il partit de Nantes en novembre 1766 en embarquant sur ses deux navires, la Boudeuse et l'Etoile, plusieurs savants. Après l'Atlantique Sud, le détroit de Magellan et la traversée des Tuamotu, il arriva à Tahiti le 2 avril 1768. L'escale fut particulièrement brève, à peine dix jours, mais elle eut un retentissement sans précédent. Les observations faites par l'équipe scientifique ainsi que les informations fournies par Ahutoru, jeune chef tahitien embarqué à sa demande, donnèrent lieu à la première description méthodique de la société locale. A son retour en France en 1769, Bougainville publia son " Voyage autour du monde " dont de nombreux passages contribuèrent à donner naissance au mythe de la Nouvelle Cythère et à la réputation de paradis terrestre qui sied depuis à Tahiti.

Les 3 voyages de Cook

histoire des hommesSi Wallis et Bougainville sont les "découvreurs" occidentaux de la Polynésie, c'est l'Anglais James Cook, considéré comme le plus prestigieux explorateur du 18ème siècle qui en restera l'investigateur précurseur (après les Tahitiens eux même évidemment). Lors de son premier voyage en 1769, il séjourna plus de 3 mois à Tahiti et en explora minutieusement plusieurs parties. Poursuivant vers l'ouest, il " découvrit " notamment Huahine, Raiatea, Bora Bora auxquelles il donna le nom d'Îles de la Société en hommage à la Société Royale de Londres à laquelle l'expédition scientifique était rattachée. Les récits de ce voyage permirent à la connaissance de la société polynésienne de faire un grand pas en avant. Cook entreprit un second puis un troisième périple dans le Pacifique qui l'amenèrent de nouveau à Tahiti. Lors du deuxième (1773), il embarqua Omai, un Tahitien, puis navigua jusqu'à l'océan antarctique ruinant les espoirs de ceux qui croyaient à l'existence de la " Terra australis incognita ", le Continent Austral, réputé abriter de fabuleuses richesses. Durant le dernier (1777), il rendit Omai à sa terre et en profita pour demeurer quatre mois supplémentaires à Tahiti. Mais sa mission devait le conduire plus au nord où il gagna les îles Sandwich (Hawaï). Il y fut tué lors d'une rixe avec des indigènes. Ces premiers contacts perturbèrent profondément la société traditionnelle polynésienne au sein de laquelle les Européens introduirent les maladies infectieuses et l'alcool …

Crédit des Illustrations :

Découvreurs (3) : Cl. Collection Ch. Gleizal
J. Cook : Cl. D. R.

LES MISSIONNAIRES

histoire des hommesLes récits des premiers navigateurs à s'être aventurés sur l'océan Pacifique ont profondément marqué les populations de la vieille Europe. Cook et Bougainville notamment décrivaient les îles du Pacifique comme de vraies oasis au milieu d'un désert océanique. Mais la Polynésie à la nature généreuse était également le théâtre de rites païens comme les sacrifices humains qui ne manquèrent pas d'attirer l'attention des hommes de foi. Ainsi, les premiers colons missionnaires s'embarquèrent dès la fin du 18ème siècle pour les îles de la Polynésie orientale. Ces départs coïncidaient avec le " Renouveau évangélique ", mouvement religieux né en Grande-Bretagne. Il prenait racine dans la Réforme de Martin Luther et prônait le commerce et l'industrie comme des moyens d'amélioration de la société.

London Missionary Society à pied d'œuvre

histoire des hommesC'est la London Missionary Society, fondé en 1795 par le pasteur anglican Thomas Haweis qui envoya la première ses missionnaires dans les mers de Sud. A Tahiti tout d'abord, en 1797 à bord du Duff. Pour les Anglais, cette île devait devenir un poste avancé de l'influence britannique dans le Pacifique. En 1798, une seconde expédition comprenant 50 membres fut interceptée par des pirates français de sorte que les premiers missionnaires restèrent isolés plusieurs années dans une société où la barrière de la langue leur interdisait une intégration satisfaisante.
Néanmoins, leurs observations attentives de la vie locale permirent d'approfondir ou de contredire les constats réalisés par les premiers explorateurs. Cela a été le cas pour ce qui concerne les pouvoirs effectifs des ari'i dont les statuts religieux pouvaient se démarquer de leur autorité civile. Ils constatèrent que Pomare I chef de Pare-Arue n'était pas un roi dans le sens où on l'entendait en Occident. A cette époque, Pomare, par moult combats et cérémonies continuait à consolider son influence et son autorité sur les districts voisins. Celui-ci accueillit les missionnaires en échange de leur soutien. Mais ces derniers commirent plusieurs erreurs d'appréciation de sorte que les relations avec la famille de leur protecteur se dégradèrent rapidement. Ils tentèrent par exemple de désamorcer les conflits entre chefs rivaux en s'opposant au trafic de mousquets. De plus, il ne tentèrent pas de se rapprocher de Pomare II qui succéda à son père en 1803.

Démotivés par leurs premiers résultats, 11 des 18 "missionnaires tahitiens" prirent la mer pour Port Jackson en Australie. Parmi les 7 restants, Nott et Jefferson firent de notables progrès dans la langue tahitienne tout comme le pasteur Crook qui s'isola deux ans à Nuku Hiva. Ce dernier laissa une précieuse grammaire marquisienne.
En 1808, la maladie de Pomare II et le risque de sa disparition mirent à jour la précarité de la position de la mission alors fortement dépendante du roi. Lors du soulèvement de plusieurs chefs de districts de la côte est qui n'acceptaient plus les prétentions du souverain, les missionnaires embarquèrent sur le brick Perseverance qui appareillait pour Huahine. Seul Nott demeura à Moorea. Pomare II qui perdit son statut de ari'i à la bataille de Papara (décembre 1808) se retira lui aussi à Moorea.
Le bilan de la mission était loin d'être insignifiant. Certes, il n'y avait eu encore aucune conversion et les parents demandaient à être payés pour envoyer les enfants à l'école mais la connaissance qu'avaient les missionnaires de la langue tahitienne avait énormément progressé : ils avaient notamment élaboré un lexique à partir de la création d'un alphabet.

Moorea, "capitale" évangéliste

histoire des hommesLes missionnaires repartis quelques années plus tôt revinrent de la Nouvelle-Galles du Sud et d'autres arrivèrent d'Angleterre. Beaucoup s'installèrent à Moorea qui par la même devint un véritable centre de diffusion évangéliste. Grâce à ce sang neuf ainsi qu'à une meilleure connaissance de la langue, la mission connut un nouveau départ et reprit ses tournées de prédication. En 1813, certaines assemblées du dimanche regroupaient jusqu'à 200 personnes mais surtout les classes initiées par Davies comportaient de plus en plus d'adultes voire de chefs tel Utami de Tahaa. Si la " nouvelle religion " devait encore faire ses preuves, l'ancienne battait visiblement de l'aile. Pomare II demanda à être baptisés ce qu'on lui refusa malgré son intention d'abandonner ses dieux (il le fut en fait en 1819). De leur côté, Nott et Davies traduisaient progressivement les Saintes Ecritures mais ils ne proposaient encore en 1815 que des manuels rassemblant divers extraits et résumés.
En 1815, la victoire de Pomare II sur les troupes de la presqu'île commandées par Opuhara (bataille de Fe'i-Pi) constitua un tournant. Pomare commanda la destruction des marae de Tahiti et de Moorea. Selon les missionnaires, la population locale manifestait le désir d'être initiée à la nouvelle religion dont les prédications rassemblaient des assistances de plus en plus importantes.

Les missionnaires catholiques et mormons à la rescousse

histoire des hommesLa présence de la London Missionary Society perdura 3 décennies. En 1821, les premiers diacres furent ordonnés et la conversion des Australes commença. Elle fut l'œuvre de disciples Polynésiens ce qui favorisa l'adoption des nouvelles pratiques religieuses.1824 vit l'arrivée du Pasteur Pritchard qui prendra des positions tranchées contre la présence de la France à Tahiti avant d'être arrêté puis expulsé.
Mais la L.M.S. dut également prendre en compte la "concurrence" catholique et mormone. La première s'implanta en 1834 à Mangareva aux Gambier avec l'arrivée de la congrégation du Sacré Cœur et des pères Caret, Laval et Murphy. En 1836, la prudente tentative d'approche de Tahiti par les deux premiers se solda par leur expulsion. Les missionnaires catholiques s'implantèrent alors aux îles Marquises où la L.M.S. avait échoué en 1838. Les guerres qui y sévissaient, notamment entre 1840 et 1855, mirent souvent la Mission en danger. C'est seulement après 1855 que la religion catholique, sous la férule de Mgr Dordillon, s'ancra réellement dans l'archipel.
La LMS quitta Tahiti en 1844 suite à la mort de Nott qui avait achevé la traduction de la Bible une dizaine d'année plus tôt et à celle du pasteur Mc Kean tué par une balle perdue lors d'affrontements franco-tahitiens. C'est à cette même date que les Mormons arrivèrent à Tubuai puis Tahiti et Huahine. Mais c'est aux Tuamotu que cette église connut tout d'abord ses meilleurs résultats.
Ainsi, l'évangélisation des îles de la Polynésie orientale qu'entreprit tout d'abord la London Missionary Society puis la congrégation du Sacré Cœur et enfin l'Eglise mormone eut des résultats mitigés et controversés. Elle a abouti aujourd'hui à la présence de nombreuses Eglises dont les cultes se déroulent dans le respect des autres. Mais les conversions massives à ces nouvelles religions firent disparaître moult coutumes et pratiques ancestrales.

Crédit des Illustrations :

Missionnaires (4) : Cl. Collection Ch. Gleizal

LE RÈGNE DES POMARE

En 1767, à l'arrivée de Wallis, Tahiti était divisé en 6 grandes coalitions claniques : Teva-i-tai sur la presqu'île ; Teva-i-uta au sud de Tahiti ; Te Oropa'a à Paea et Puna'auia ; Te Fana à Faaa ; Te Porionu'u comprenant Pare, Arue et Tetiaroa et Te Aharoa (formé de Mahina, Papenoo, Tiarei, Mahaena et Hitiaa). Chacune de ces " circonscriptions " avait à sa tête une famille de chefs ( ari'i ) basant son pouvoir sur les liens qu'elle entretenait avec les dieux. Chaque famille représentait un contre-pouvoir pour les autres de sorte qu'aucun chef hégémonique ne put apparaître jusqu'à l'arrivée des Européens.

L'influence déterminante des premiers explorateurs

histoire des hommesA la tête de Arue, la plus petite des chefferies de l'île, était Teu . Il n'avait pas un poids important sur le plan politique et militaire comparé aux 4 chefferies prépondérantes qu'étaient Teva-i-tai, Teva-i-uta, te Oropoa, et Te Aharoa. On estime que son premier fils, Tu, est né vers 1750. Plutôt effacé, il ne fit pas preuve de grandes qualités de meneur d'hommes. Cela n'empêcha pas le capitaine Cook de le considérer comme le roi de Tahiti. Le couvrant de présents, il déchaîna contre lui la jalousie des autres chefs qui s'attaquèrent plusieurs fois à la chefferie en détruisant maisons et plantations. Peu téméraire, Tu s'enfuyait à chacune de ces intrusions abandonnant à Itia, son énergique femme, la responsabilité du petit royaume. Seule l'arrivée du célèbre Bounty en 1788 avec à sa tête William Bligh permit de stopper cette guérilla.

Mais l'équilibre politique et militaire de l'île était bien rompu. La réapparition de Fletcher Christian et de ses mutinés donna à Tu un appui d'importance puisque ces derniers étaient fortement armés. Les " mercenaires " lui permirent de sortir vainqueur de l'attaque que subit la chefferie en 1790. Il en profita pour envoyer les Anglais soumettre les autres chefs de l'île, entreprise qui se solda par un échec du fait de l'arrivée de la Pandora, le navire lancé à la poursuite des mutins du Bounty.

C'est à cette époque que Tu adopta le nom de Pomare dont l'explication tient à la disparition de Teriinavahoroa, sa fille aînée. A l'arrivée des premiers missionnaires protestants en 1797, Pomare I était toujours en place mais son autorité allait être remise en cause par son propre fils. Dès l'âge de 16 ans, celui qui deviendras Pomare II voulut être considéré comme le seul et unique chef des Porionu'u. Il fut ainsi amené à s'allier au cousin de son père, Temari'i, chef de Papara. Avec celui-ci, il put vaincre les partisans de Pomare I à Matavai et contraindre ce dernier à lui abandonner son titre et son autorité.
Pomare I décéda en 1803 peu après son père (Teu) qui disparut en 1802.

Pomare II, premier "roi" de Tahiti

histoire des hommesPomare II se rapprocha de la London Missionary Society dont il devint le protecteur mais aussi l'élève. Il demeure comme le premier chef tahitien converti. Multipliant les attaques contre les chefferies voisines, il rallia contre lui de nombreux chefs qui envahirent à leur tour le royaume de Porionuu et le contraignirent à gagner Moorea. Il trouva de l'aide auprès de sa mère qui s'était remariée à la mort de Pomare I avec Tenania, un chef de Huahine. Elle convainquit ce dernier ainsi que le chef Tapoa de BoraBora de prendre fait et cause pour son fils. En 1815, Pomare II décida qu'il avait les moyens de reprendre son royaume. Cela donna lieu à la bataille du Fe'i Pi où Pomare, vainqueur, fit la promesse de ne plus fomenter d'attaques contre les autres chefs. Ces derniers acceptèrent en retour de reconnaître sa primauté. Toutefois, cette victoire ne lui restaurait qu'un pouvoir relatif du fait de l'avancée du christianisme et ce, au détriment des dieux polynésiens sur lesquels les chefs traditionnels fondaient leur pouvoir. Il se fit baptiser en 1819 et décéda en 1821.
Son fils unique ne régna que quelques années et mourut d en 1827.

Pomare Vahine résiste puis cède

histoire des hommesSa sœur lui succéda. Pomare Vahine IV était la fille de Pomare II et de Pomare IV. Contrairement à son frère, elle ne fut pas élevée par les missionnaires mais par son oncle, Ariipaea, qui assura l'intérim à la mort de Pomare III. Par conséquent, elle demeurait fortement marquée par la religion ancienne. Elle vint s'installer à Papeete en 1831. En 1838, l'amiral Dupetit-Thouars intervint suite à l'expulsion par Pomare IV des pères Caret et Laval de la mission catholique. Les relations entre la France et la souveraine allaient s'en trouver durablement altérées. 4 ans plus tard, à la demande des colons français inquiets pour leurs terres, Dupetit-Thouars demanda à la reine d'accepter un protectorat de la France. Mais celle-ci ne souhaitait pas renoncer à son pouvoir et, avec l'aide du pasteur Pritchard, elle choisit de contester les velléités françaises. Elle se retira à Raiatea durant la guerre franco-tahitienne entre 1844 et 1846. La défaite l'obligea à réintégrer Papeete afin de ne pas être définitivement et totalement écartée de la sphère du pouvoir qu'elle dut dès lors partager avec le représentant français. Celle qui avait toujours lutté pour que son peuple demeure relativement indépendant adopta une vie plus insouciante que lui permettait la solde versée par le l'Etat protecteur. Elle demeure comme une grande souveraine, pleine d'autorité et de distinction. Son règne de 50 ans s'acheva le 17 septembre 1877 lorsqu'une crise cardiaque l'emporta.

Crédit des Illustrations :

Règne des Pomare (3) : Cl. Collection Ch. Gleizal

L'ANNEXION FRANCAISE

Echec aux Marquises

histoire des hommesJusqu'en 1841, l'Angleterre et la France cohabitèrent dans le Pacifique sans heurts majeurs. Mais à cette date, l'annexion de la Nouvelle-Zélande par la première changea la donne. La France ne souhaitait pas se faire distancer dans la course aux colonies. Le plan Dupetit-Thouars, élaboré quelques années précédemment et qui préconisait l'acquisition de bases en Polynésie orientale fut alors remis à l'ordre du jour par le ministre de la Marine, l'amiral Duperré. En mai 1842, une escouade de navires débarqua à Tahuata aux Marquises. Plusieurs chefs cédèrent leurs îles à la France en échange de quelques cadeaux. Mais le stationnement de garnisons à l'intérieur de postes fortifiés, notamment à Nuku Hiva, se heurta aux problèmes du ravitaillement que les Marquisiens refusaient de fournir. Piètres débuts pour l'annexion d'un archipel qui devait permettre de développer le commerce dans la zone Pacifique ! Dupetit-Thouars quitta rapidement les Marquises pour Tahiti. Avec le consul Moerenhout, il entreprit promptement de faire signer une requête de protection aux principaux chefs de l'île à l'exception de Pomaré alors à Moorea. Selon la version française officielle, le partage des responsabilités administratives fut entériné par Paraita, représentant de la reine et nommé régent à cette occasion. L'accord prévoyait un triumvirat provisoire associant Moerenhout et deux officiers de marine ayant autorité sur les résidents étrangers et le port. En contrepartie, la France s'engageait à ne pas s'immiscer dans les lois tahitiennes concernant la juridiction sur les terres et la liberté confessionnelle.

La reine Pomaré résiste

histoire des hommesMais cette séduisante organisation théorique fut rapidement battue en brèche par plusieurs incidents. Lors des assises du Protectorat en février 1843, quelques chefs remirent en cause, l'accord avec la France arguant que leurs signatures avaient été contraintes. De plus, en encourageant Pomaré à reprendre son indépendance, le pasteur Pritchard aggrava encore le conflit. C'est dans ces circonstances que Dupetit-Thouars et Bruat, nommé gouverneur des Marquises, décidère de leur propre chef le protectorat sur Tahiti le 6 novembre 1843 amenant Pomaré à se réfugier sur un navire anglais, le HMS Basilisk. De son camp retranché, elle conseilla aux chefs de districts de patienter jusqu'à l'intervention de la Grande-Bretagne. Cependant, une série de confiscations de terres, notamment à Taravao afin d'y installer un poste fortifié, dégradèrent un peu plus les rapports franco-tahitiens et provoquèrent l'arrestation de 6 chefs. A la tête des opposants, Pomaré rassembla alors derrière elle la majeure partie de la population et ainsi débuta la guerre franco-tahitienne le 21 mars 1844.

Deux ans et demi de guerre

histoire des hommesLe combat le plus meurtrier eut lieu à Mahaena le 17 avril 1844 où 460 soldats de marines attaquèrent 4000 guerriers tahitiens. Ces derniers furent repoussés dans les vallées de Papenoo et de Punaruu. Les révoltés, qui ne pouvaient réellement compter sur l'appui des missionnaires britannique , n'inversèrent jamais la tendance même si la défaite française de Huahine en janvier 1846 raviva leur ardeur. Ils fomentèrent ainsi les attaques de Papeete des 20 et 22 mars. Mais le manque de provisions et les nouveaux renforts à la disposition de Bruat ne permettaient pas de douter de l'issue de cette guerre. Elle s'acheva à Punaruu le 17 décembre 1846 par une attaque surprise du camp retranché des Tahitiens mettant un terme à leur résistance. L'armistice que proposa Bruat se voulait respectueux des vaincus en particulier des titres des chefs de districts. Cela amena la reine Pomaré à quitter son exil de Raiatea qu'elle occupait depuis juillet 1844 pour rentrer à Papeete en février 1847 afin d'y signer un acte de soumission. Si elle demeurait la contrepartie constitutionnelle du gouverneur français, son influence réelle s'était considérablement amoindrie. Bruat s'était en effet rallié les chefs en leur allouant des appointements faisant d'eux des agents de l'administration. Le protectorat de Tahiti, reconnu par la Grande-Bretagne en 1847, eut pour conséquence l'abandon des Marquises.

Annexion expéditive et naissance des "E.F.O."

histoire des hommesL'organisation administrative de Bruat perdura avec son successeur, le gouverneur Lavaud. Elle fut même officialisée par la signature d'une convention laissant la juridiction des terres tahitiennes aux tribunaux tahitiens. L'administration tahitienne qui se composait de la cour royale, de l'assemblée, des Toohitu et des chefs de districts côtoyait ainsi les autorités françaises. Ces dernières, ayant en charge du budget tahitien, s'immiscèrent de plus en plus dans les affaires locales. Les gouverneurs en place intervenaient notamment dans l'attribution des chefferies de sorte que vers 1880, la plupart des chefs traditionnels avaient laissé leur place à des tavana n'appartenant pas aux lignages des grandes familles tahitiennes. Ainsi, progressivement, l'administration tahitienne passa sous la coupe des autorités françaises et ce, sans délégation de pouvoirs digne de ce nom en faveur des institutions locales. Pour affermir sa position dans le Pacifique, la France souhaita bientôt exercer un contrôle direct sur ses colonies polynésiennes. Dans cette perspective, Isidore Chessé, commissaire général en Océanie, convoqua les chefs des districts à Papeete le 29 juin 1880 et l'annexion à la France des Îles de la Société fut signée dans la journée. Dans les mois qui suivirent, les Gambier, les Marquises et les Tuamotu furent administrés par un Résident. Raiatea et Tahaa avaient accepté le protectorat mais conservaient leur souveraineté. Ainsi naquirent les Etablissements Français d'Océanie. Les Îles sous le Vent qui, sous la conduite du chef de Raiatea Teraupo, se soulevèrent en 1895, furent incorporées aux E.F.O en1898 seulement.

Crédit des Illustrations :

Annexion (4) : Cl. Collection Ch. Gleizal

LES MUTATIONS INSTITUTIONNELLES

Le tournant de la seconde guerre mondiale

histoire des hommesA l'orée des années 40, les Etablissements français d'Océanie, tout comme l'ensemble des colonies françaises, ne sont toujours pas dotés de mécanismes démocratiques. De plus, seuls les Océaniens des anciennes possessions des Pomaré sont considérés comme des citoyens français. Mais la renommée du Bataillon du Pacifique, qui contribuera à la libération de la métropole, et l'attrait croissant des populations locales pour la vie politique vont constituer les ferments des évolutions institutionnelles qui affecteront les possessions françaises du Pacifique sud tout au long du 20ème siècle.
Durant la guerre, plusieurs rapports prônent déjà une plus grande autonomie pour les E.F.O. ; l'un d'eux dénonce même les pouvoirs dictatoriaux concentrés par la personne du gouverneur. Les préconisations de ces documents trouvent d'abord un écho favorable au sein du gouvernement provisoire de la République française d'Alger et en 1945 les habitants des îles Sous-le-Vent, des Australes et des Marquises se voient accorder la nationalité française. La constitution de 1946 prévoit la première évolution statutaire manifeste : elle donne aux E.F.O. le statut de Territoire d'Outre Mer et substitue une Assemblée représentative aux peu puissantes Délégations économiques et financières. Mais si cette Assemblée a un droit de délibération sur les dépenses facultatives du budget, ses compétences demeurent limitées. En réalité, la représentation de l'ensemble des archipels qu'elle permet enfin est la seule avancée notoire qu'elle instaure. Cette même année sera élu George Ahnne, premier député représentant le Territoire à l'Assemblée Nationale. Joseph Quesnot est quant à lui élu sénateur et siègera au Conseil de la République.
Mais malgré les apparences d'une autonomie grandissante, les pouvoirs réels sont toujours détenus par la métropole. En particulier, l'Assemblée représentative n'a pas de droit de regard sur les dépenses obligatoires du budget qui incluent notamment les rémunérations des fonctionnaires souvent considérés comme inutiles …ou incapables.

Vers la départementalisation ?

histoire des hommesEn 1949, lors de l'élection de Pouvanaa a Oopa à la députation, est fondé le Rassemblement Démocratique des Populations Tahitiennes (RDPT). Il trouve son origine dans la célèbre crise du paquebot Ville d'Amiens qui a rassemblé les anciens combattants de la seconde Guerre Mondiale et le Comité Pouvanaa très critique envers l'administration. En juin 1947, ces deux mouvements s'opposent ensemble au débarquement de trois fonctionnaires ; une arrivée sur laquelle l'Assemblée s'était déjà prononcée défavorablement. Pouvanaa a Oopa, leader charismatique du RDPT, sera réélu en 1952 puis en 1956. En 1953, le parti devient majoritaire à l'Assemblée et Pouvanaa tente de mettre en œuvre son programme qui comporte un volet social important. Mais le poids de l'administration demeure un obstacle de taille pour les élus locaux. Le parti présente toutefois et directement au Président de la République une demande de départementalisation. Il souhaite également la mise en place de coopératives de production et de consommation, le contrôle des investissements ou encore la création d'impôts directs afin de " prendre l'argent où il est ". Avec Pouvanaa, les Tahitiens ont trouvé un porte-parole de choc!
En 1957, la loi-cadre Defferre étendra les attributions de l'Assemblée territoriale. C'est la première fois qu'un TOM expérimente un régime de décentralisation politique. Pour Gaston Defferre, ministre de l'Outre Mer et instigateur du texte, il s'agit d'une étape vers l'indépendance. Simultanément à la mise en application de la loi, les Etablissements français d'Océanie deviennent la Polynésie française même si l'Assemblée, au sein de laquelle le RDPT a de nouveau obtenu la majorité en novembre 1957, fait savoir au ministre de l'Outre Mer qu'elle préfèrerait l'appellation Tahiti - Océanie française.

Statu Quo

histoire des hommesL'arrivée au pouvoir de de Gaulle en 1958 sonne le glas de la 4ème République et la nouvelle constitution française donne la possibilité aux TOM de demeurer au sein de la Communauté ou de devenir indépendants. Le référendum du 29 juillet entérine la première option avec 65% des suffrages et marque également la fin de dix années de succès électoraux pour le RDPT de Pouvanaa. Celui-ci avait pris position en faveur de l'indépendance provoquant par la même la scission de son parti. Accusé d'avoir commandé l'incendie qui ravagea une partie de Papeete le 11 octobre, il sera condamné à 8 années de prison.
Après le référendum, il restait encore à choisir le statut de la Polynésie comme l'autorisait la constitution. Lors de l'ouverture d'une session extraordinaire le 18 octobre 1958, deux solutions sont examinées : le statu quo ou la départementalisation sous réserve de l'adoption par l'Assemblée Nationale des adaptations jugées nécessaires. Le choix se portera sur le maintien du statut de TOM moyennant quelques modifications limitant les prérogatives des élus locaux ce qui peut s'expliquer par les excès du "pouvanisme". Il est toutefois prévu que ce statut, qui marque un recul de l'autonomie, peut être révisé au bout de 5 années …

Autonomie de gestion en 1977

histoire des hommesLa crise des années 70 (chocs pétroliers de 73 et 75) révèlera le caractère largement artificiel de la croissance des dernières années. Celle-ci est en grande partie explicable par l'installation du Centre d'Expérimentation du Pacifique et aux dépenses que cela impliquera (en 1964 elles sont déjà 4 fois supérieures au budget du Territoire). Le pouvoir local demande alors que lui soit accordée une plus grande autonomie qui doit permettre de rendre l'économie polynésienne moins dépendante de la métropole. Durant cette période, il faut tout de même noter au chapitre des mutations institutionnelles l'extension en 1971 du régime communal à la Polynésie.
En 1975, le Secrétaire d'Etat aux DOM-TOM Olivier Stirn annonce un texte révisant le statut territorial sur lequel l'assemblée émettra un avis défavorable. Le 17 juin de l'année suivante, la démission puis la réélection du député Francis Sanford pousse le gouvernement à élaborer un nouveau statut donnant au Territoire une compétence de droit commun. Les négociations qui s'ensuivent débouchent le 4 mars 1977 sur un accord qui donnera naissance à la loi n° 77-772 du 12 juillet 1977. Sur toutes les prérogatives qui ne sont pas réservées à l'Etat, l'Assemblée territoriale se voit doter d'une compétence générale de droit commun, l'Etat ne conservant qu'une compétence d'attribution.

Autonomie interne en 1984

histoire des hommesMais les pouvoirs locaux se sentiront bien vite à l'étroit dans ce statut d'autonomie de gestion où le haut-commissaire, qui s'est substitué au gouverneur, demeure toujours le chef du Territoire.
En 1981, l'arrivée d'une nouvelle majorité donne l'occasion à Francis Sanford de solliciter un aménagement du statut de 77. Son action sera poursuivie par Gaston Flosse qui le remplace à la Vice-Présidence du Conseil de Gouvernement en 1982. Après de longues discussions entre les élus locaux et un comité Etat-Territoire, un projet de loi est déposé à l'Assemblée Nationale à la fin de l'année 83. Il sera promulgué le 6 septembre 84. Le territoire accède ainsi à une plus grande autonomie : il possède son propre gouvernement nommé par un président qui est élu par l'Assemblée territoriale ; il se voit doter de compétences dans le domaine des relations extérieures comme la participation à des négociations touchant à la desserte de la Polynésie mais surtout, le Territoire n'est plus représenté par le haut-commissaire.
En 1996, le statut est de nouveau aménagé : les transports maritimes et aériens internationaux ainsi que les télécommunications internationales relèvent dès lors de la compétence territoriale. Le territoire acquiert de plus le droit d'exploitation et d'exploration d'une des plus vastes zones de pêche au monde s'étendant sur 220 miles.

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