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DECOUVERTE ET EXTRACTION D’UN CANON A TIPAERUI (20-11-2008)BREVE HISTORIQUE :
Pour rappel historique, le premier gouverneur français Armand Bruat militaire de carrière prend ses fonctions en 1843 date approximative à laquelle Papeete deviendra la capitale de la future Polynésie Française.
En 1818, le pasteur Crook met en place une paroisse sur le site de Paofai, il s’agira des premiers jalons de la capitale. En 1827, Aimata Vahine future Pomare IV installe sa résidence principale sur Papeete. Lorsque le protectorat français est instauré sur Tahiti et ses dépendances en 1843, un gouverneur est nommé afin de veiller au bon fonctionnement du pays conquis.
La préoccupation première de Bruat a été et ceux afin d’éviter toutes attaques possibles émanant de navires de guerres anglais, la défense de la ville. Pour faire front aux bâtiment de guerres, il convient de protéger les points d’accès en l’occurrence les passes. Papeete compte deux passes, Taunoa et Toatai. Concernant cette dernière, il fait installer deux batteries aux endroits stratégiques, l’îlot de Motu Uta qui est à côté de la passe et la plage de Tipaerui qui fait face à Toatai.

Le canon découvert a été trouvé dans le lit de la rivière de Tipaerui, peut-on en déduire qu’il serait originaire de la mise en place de ses batteries en l’occurrence ceux de la plage Tipaerui ? Les hypothèses sont légion, il conviendrait dès lors de s’interroger sur le canon en lui-même, à savoir l’année ou celui-ci a été fabriqué, sa correspondance ou non avec ceux situé sur Motu Uta. Le responsable du GRAN nous a déjà fournit quelques éléments de réponses : canon naval français des années 1860.
A partir des années 1843, Papeete subit de profondes transformations, un premier camp est construit à l’ouest de la ville : l’Uranie. Bruat est en effet venu accompagné de plusieurs ouvriers spécialisés, faute de construction de pénitencier aux Marquises, le gouverneur installe ces ouvriers ainsi que leurs familles dans ce camp. Un village militaire est installée dans la vallée de Sainte Amélie, l’hôpital militaire de Vaiami voit aussi le jour. Sous la direction de l’ingénieur Raimbault, des fortifications sont mises en places au niveau de l’actuelle rue Cassiau, cinq blockhaus en bois sont aussi construits sur les hauteurs afin de surveiller les éventuelles attaques ennemies. Plusieurs autres aménagements sont aussi élaborés. Lorsque la guerre franco-tahitienne débute au mois d’avril 1844, les travaux d’urbanisation sont interrompus, il faut attendre 1847 pour que ceux soient de nouveaux effectifs avec notamment la construction de Fare Ute, la rectification du cours d’eau de la Papeava ainsi que l’assèchement de quelques zones marécageuses.
Papeete est appelée à devenir une capitale ainsi qu’un port français d’envergure, les aménagements militaires à l’origine feront place à une véritable capitale abritant toutes les structures adéquates qu’elles soient commerciales, économiques, administratives ou politiques.
LA PROBLEMATIQUE DE PRESERVATION :
Le canon de la Tipaerui est un témoignage historique direct d’un passé que l’on pourrait qualifier de colonial, il conviendrait dès lors de le préserver mais aussi le valoriser afin de connaître notre histoire commune aux générations à venir mais aussi montrer une vitrine culturelle aux touristes de passage. Tahiti n’est pas que le mythe de la vahine, Tahiti est une histoire, un tradition, une rencontre entre plusieurs cultures.
Le canon de la Tipaerui pose une problématique d’envergure : sa conservation. Comment préserver cet objet de l’usure du temps, de l’oxydation en milieu environnant. Une solution a du être envisagé, placé le canon dans une cuve afin d’y subir un traitement pour sa préservation. Combien de temps prendra ce traitement, ou entreposer cette cuve ? Quel matériau utilisé pour la cuve en elle-même de manière à ne pas détériorer l’objet ? Autant de questions auxquels il faille trouver des réponses !
Le matériau de fabrication de la cuve devra être neutre de façon à ne pas altérer le canon. Pour l’entreposage de cette dernière, il serait souhaitable qu’elle puisse être placé ou dans les hangars sise à Tipaerui de l’équipement, auquel cas sollicité le Ministère de l’Equipement pour la mise à disposition d’un bâtiment sécurisé non loin du lieu de la découverte. Une seconde solution d’entreposage pourrait être celle du parc à matériel de la municipalité de Papeete auquel cas sollicité les autorités requérantes à la demande. Dans tous les cas le lieu d’entreposage de la cuve devra être le plus proche et ceux pour des raisons de préservation de l’objet (problème de transport, altération du canon) du lieu de découverte, ce qui faciliterait aussi une fois le traitement requis effectué de le poser sur un lieu adéquat à sa mise en valeur.
Que dire du traitement, quel produit utilisé ? Le responsable du GRAN plus au fait des solutions usitées pourra nous fournir les renseignements adéquats. Quoiqu’il en soit, un traitement approprié devra être envisagé afin de pouvoir à terme exposer le dit objet au vu de tous.
PROBLEMATIQUE DE MISE EN VALEUR :
Le canon de la Tipaerui une fois préservée des affres du temps pourra ainsi être valoriser et présenter sur un site adéquat. Il serait cependant souhaitable que le canon soit placé non loin de son lieu de découverte. Cet objet à une histoire, servait-il à protéger Papeete de toute attaque ennemie tentant de pénétrer dans la rade ? Etait-il partie intégrante d’un navire de guerre. Les recherches succinctes ne permettent pas à l’heure actuelle d’affirmer ou infirmer telle ou telle hypothèse de manière définitive. Le Service de la Culture entamera tout le labeur nécessaire à la découverte de son lieu d’origine. Une fois celui-ci connue et prouvé, il pourra donc être envisager de proposer un lieu et ce en accord avec la municipalité de Papeete de mise en valeur du canon.
Un conseiller technique du Ministère de tutelle du Service de la Culture et du Patrimoine s’est rendu sur les lieux en présence de trois agents du SCP, le jeudi 13 novembre 2008 à 10h afin de voir quelles solutions apportées à la restauration dans un premier temps du dit objet et dans un second, la mise en valeur d’un patrimoine historique. Une réunion de concertation sera sans nulle doute et ce sous l’égide du ministère de la Culture organisée avec tous les acteurs concernés afin de veiller au mieux à la préservation de la culture et histoire polynésienne.

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